20/08/2009

Les contradictions libanaises

Le Liban a voté le 07.06.09 pour renouveler la chambre des Représentants. Une majorité s'est dégagée en faveur des forces indépendandistes de 14 mars. Depuis lors, les tractations vont bon train pour la formation d'un nouveau gouvernement. Les blocages sont nombreux et sont surtout le fait des responsables libanais. Ceux-ci sont incapables de s'entendre et rejettent toujours la faute sur des contingences regionales et mondiales. Assez d'hypocrisie Messieurs les responsables. Soit vous êtes capable de gouverner et d'édifier un Etat pour tous les libanais, soit vous êtes pas en mesure de remplir cette tâche. Dans ce dernier cas, vous avez l'obligation de laisser la place à une autre génération.

Au Liban, les choses ne fonctionnent jamais comme ailleurs. Normalement, dans toute démocratie, la majorité sortante, prend les règnes et assume ses responsabilités. La minorité joue son rôle d'opposition en toute sérénité. Au Liban c'est le contraire qui  se produit. La minorité forte de l'appui de puissances régionales et surtout de la possession d'armes, dicte sa volonté à la majorité sortante et à la majorité du peuple libanais. Cette minorité n'est pas à son premier coup d'essai. En effet, en mai 2008, par la force des armes et l'occupation militaire d'une grande partie de la Capitale libanaise Beyrouth, elle a obtenue le tiers de blocage et des ministères clefs. Le résultat est connu à savoir le blocage intégral des institutions et la guerre entre les différents ministres inféodés à la majorité et à la minorité. Durant ce temps, c'est le peuple qui souffre et c'est le pays qui  s'enfonce davantage dans l'abîme. Aujourd'hui, nous sommes face au même schéma. La minorité impose sa volonté et revendique des ministères régaliens bafouant au passage toutes les règles de la démocratie. En même temps, majorité et minorité se rejettent les responsabilités.

Le Liban doit en finir avec cette situation et avec la tendance à vouloir toujours contenter la minorité si l'on veut un véritable Etat nation. Dès lors, la responsabilité est dans le camps de la majorité sortante appelée 14 mars. Celle-ci avait déjà montré ses faiblesses et son incapacité à gouverner durant la législature passée. Aujourd'hu, elle reproduit les mêmes erreurs. Elle est appelée à assumer son devoir de majorité et à répondre aux aspirations de la majorité du peuple libanais l'ayant portée au pouvoir. Pourquoi se soumet-elle aux dictats de la minorité et pourquoi ne forme-t-elle pas un gouvernement issu de la majorité comme dans toute démocratie? Pourquoi fait elle preuve d'incapacité et pourquoi abandonne-t-elle le rêve d'une majorité écrasante du peuple libanais? Est-elle vraiment en mesure d'assumer la tâche? Les faits semblent indiquer le contraire.


Il est grand temps que cette majorité tranche et avance. Sa faiblesse est déjà responsable des victimes du coup d'état de la minorité de mai 2008.  Elle est responsable également du recul du pays après l'élan de la révolution des Cèdres. Elle est responsable de l'appétit grandissant de la minorité car elle n'ose pas l'affronter alors qu'elle dispose du soutien de la majorité du peuple libanais. La majorité actuelle porte une lourde responsabilité de ce qui se déroule au pays.  Rongée par les frictions, les ambitions et calculs de ses différentes composantes elle ne fait qu'exceller sur le plan du discours. Cette majorité est invitée  à mettre ses dicours en pratique  et à gouverner le pays pour sortir le Liban une fois pour toute de sa létargie. Si elle ne le fait pas, elle aura déffinitivement  montré son incapacité et aura dupé un peuple assoiffé de démocratie et aspirant à un Etat nation pour tous. Dans ce cas, une autre majorité se dégage qui sera peut-être en mesure de faire avancer le pays dans la bonne voie.

22:24 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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