10/06/2009

Le 7 juin belge

Les élections régionales de 2009 en Belgique auront apporté deux enseignements. D'une part, c'est l'électeur qui choisi ses élus et non les sondages. D'autre part, le Parti socialiste dans son ensemble a bien tenu le choc et a résisté aux attaques des libéraux qui ont axé leur campagne sur les affaires touchant le PS. Cependant, le recul du PS est indéniable sur l'ensemble de la Wallonie et en région bruxelloise.

De nombreuses analyses sont faites sur cette défaite. Pour toutes, les affaires des élus PS sont la cause de ce recul. Certes, ce facteur a joué un grand rôle mais réduire cette défaite à ce seul problème est une erreur. Certaines analyses attribuent le recul du PS a un simple phénomène sociologique ayant joué en faveur des écolos. Affirmer cela c'est soit méconnaître les jeux politiques, soit ne pas être en mesure de décortiquer le phénomène.

En tant que militant socialiste, je pense que cette défaite est surtout due aux pratiques et méthodes ayant cours au sein du PS. A côté des problèmes éthiques et des affaires, le fonctionnement actuel pose un réel problème.  En effet, quand les pratiques et les méthodes consistent d'abord et avant tout à consolider le pouvoir absolu du chef, le recul sur le terrain devient une chose évidente.  

Ainsi, c'est la stratégie en général qui est à mettre en cause. Le PS ne peut plus agir comme il a toujours fait jusqu'à présent. Il doit se reprendre en main, et pas nécessairement avec les mêmes, pour redevenir à nouveau fréquentable et capable d'inspirer confiance. Actuellement, le culte du chef occupe la part du lion au sein de notre Parti. Tout est mis en place pour faire taire les voix discordantes. Dès que le chef se sent en danger, des obligés que vous n'avez jamais rencontré durant les longues années de votre vie de militant apparaissent. Ceux là  vous donnent des leçons de militantisme et aide le chef dans votre mise à l'écart. Pire encore, dans certains cas, le Parti ne réagit pas quand certains de ces membres posent des actes contraires à ses valeurs de tolérance et d'antiracisme. Lorsqu'elles en sont averties, les instances supérieures du Parti se limitent à calmer le jeu dans le seul but d'étoufer l'affaire. Les gens de bon sens et militants depuis de nombreuses années quittent le navire et le nombre des affiliés et de sympathisants chute. Malgré tout, cela ne semble pas inquiéter ceux et celles qui cherchent avant tout le contrôle de l'appareil. La chasse aux camarades continue et on tente de chercher ailleurs les raisons de l'échec de notre Parti.

Notre Parti est invité aujourd'hui plus qu'hier à un travail de fond. Il doit revoir son mode de fonctionnement. Faire l'économie de ce travail, c'est rendre le PS un peu plus infréquentable et prendre le risque d'une désertion massive de ses militants vers d'autres horizons.  Assez de discours rêveurs qui camouflent des pratiques odieuses et insultantes. Si le PS met en place un véritable chantier de réformes internes, il aura gagné sa place sur l'échequier politique. Si le PS persiste dans la même ligne, son salut viendra d'une cure d'opposition bien méritée permettant à une nouvelle génération de faire revivre un Parti qui aujourd'hui reste debout entre deux béquilles.

20:54 Écrit par Youssef RIZK dans Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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