04/05/2009

L'opposition libanaise ou la machine de destruciton de l'Etat

Après avoir neutralisé la vie politique par la fermeture de la Chambre des représentants et la non-élection d'un Président de la République, après avoir paralysé la vie économique par l'occupation du centre ville, après avoir bloqué l'Exécutif avec le tiers de bloquage suite à un coup de force militaire, après avoir figé le pays dans son ensemble dans l'incertitude,  voilà que le mouvement du 8 mars s'attaque à la seule institution de l'Etat qui lui résiste à savoir la justice.

Pour mieux comprendre ce qui se déroule actuellement, il faut un petit rappel des évènnements clefs. Après l'assassinat du Premier Ministre Monsieur Rafic HARIRI en  février 2005, la Communauté internationale a exigé l'instauration d'une commission d'enquête internationale pour trouver et juger les coupables. Le premier chef de cette commission avait ordonné l'arrêt de quatre généraux libanais ( Monsieur SAYYED Jamil chef de la surêté de l'Etat, Monsieur HAJJ Ali chef de la gendarmerie, Monsieur AZAR Raymond chef du service du renseignement et Monsieur  HAMDANE Moustapha  chef de la garde présidentielle). Tous les quatre ont été soupçonnés d'avoir joué un rôle quelconque dans cet assassinat.  Durant toute la période de leur emprisonnement, le 8 mars n'a cessé de clamer leur innocence et d'exiger leur libération. C'est chose faite depuis quelques jours après quatre années de détention par ordre du procureur du Tribunal Spécial pour le Liban.

Le 8 mars, qualifié à tord d'opposition car c'est lui qui détient le pouvoir par la force des armes et des milices armées, triomphe. Non content de cette libération, il parle de manoeuvres politiciennes de la part de 14 mars ayant aboutit à l'arrestation des quatres généraux en question. Le 8 mars s'attaque avec virulence à la justice et exige une purge pure et simple.
Il me semble important de rappeler que les quatres généraux (héros aux yeux du 8 mars) sont le symbole même de la collaboration avec le régime syrien. Ils ont été les excécuteurs fidèles et dévouvés de toutes les décisions syriennes au Liban durant son occupation du pays des Cèdres. Leurs atteintes à la vie des gens ne fait aucun mystère et leurs exactions sont légendaires. Rien que pour ce volet, la justice aura un immense travail. Par ailleurs, durant la période d'occupation syrienne, ils ne se souciaient guère de la justice car celle-ci devait prendre pour argent comptent les preuves fabriquées et fournies par eux. Personne n'avait le droit d'oser la contestation même les plus hautes autorités politiques du pays. Ironie du sort, ces maîtres de la machination parlent d'arrestation  arbitraire et politique et mettent en cause une institution qui a retrouvé son indépendance depuis la fin du règne syrien.

Depuis le premier jour de leur arrestation le 8 mars  exige leur mise en liberté. Aujourd'huit, il cible la justice dans le seul objectif de la décapiter. Cette entreprise n'est pas à isoler du long parcours de ce mouvement qui vise le démentèlement  pur et simple de l'Etat. La Présidence de la République commence à retrouver ses couleurs. A l'approche des élections législatives du 07.06.09, cette pseudo opposition sent le danger sur deux fronts.

Le premier vient de l'aura du Président de la République et de sa capacité à fédérer un bloc parlementaire assez fort pour influencer la vie politique libanaise polarisée jusqu'alors entre 14 mars et 8 mars. Face à ce danger, le 8 mars met tout dans la balance et surtout la force armée pour remporter la bataille et ensuite invalider l'éléction du Président.

Le deuxième cauchemard de ce 8 mars c'est la justice libanaise forte du soutient du Tribunal international. Longtemps le 8 mars a tenté d'empêcher l'instauration de ce Tribunal en paralysant la Présidence de la Eépublique et l'Executif par la démission de ses ministres. Toutes ses tentatives ont échoué et aujourd'hui ce Tribunal est une réalité avec laquelle il faut compter. Seulement voilà, ce 8 mars est complètement à la solde de l'axe syro-iranien. Cet axe cherche une nouvelle virginité sur la scène internationale et ne réculera devant rien pour aboutir à ce but. L'histoire des milices au Liban a toujours montré leur incapacité à survivre dès lors que leurs protecteurs extérieurs les abandonnent. Le 8 mars n'échape pas à cette équation et se voit pointer du doigt par la justice internationale. Il joue son va tout dans l'espoir d'influer sur les évènnements sans tenir compte des changements des politiques régionales notamment au niveau de la Syrie. Justement, le régime syrien accusé de l'assassinat de Monsieur HARIRI et des autres assassinats politiques depuis les premières secondes, voit une occasion en or pour se décharger. Pour se faire il  n'hésitera sans doute pas à offrir à ce tribunal ses alliés au Liban ( alliés  pour combien de temps encore?) et s'en sortira avec les honneurs.

Dès lors, les actions de ce 8 mars restent incompréhensibles aux yeux des observateurs et de tout un chacun. Ce 8 mars se comporte en tant qu'accusé qui cherche à saboter la justice et à l'empêcher d'arriver à lui. La défense acharnée des quatre généraux verse complètement dans cette théorie. Elle soulève la question de savoir comment il peut prétendre à l'innocence des généraux dans cette affaire. Est  ce parce qu'il connait le coupabe? ou est ce parce qu'il est le coupable? En tout cas, sa fébrilité grandissante le place comme étant le principal suspect. Si ce 8 mars est exempte de tout soupçon et s'il veut s'épargner et surtout épargner le Liban de l'abîme définitif, il est appelé à s'insérer véritablement dans la société libanaise et contribuer à l'édification de l'Etat au lieu de s'employer à  son démentèlement.

Les libanais de tout bord sont invités à prendre conscience qu'aucun projet communautaire et aucune communauté ne peut s'imposer au reste du pays. Seul un projet national peut garantir la survie du pays et la cohéxistence harmonieuse des différentes commuautés. Vouloir imposer sa vision et son dessein aux autres a toujours échoué. L'histoire devrait inciter les libanais à réfléchir. Le scrutin du 07.06.09 est une occasion pour choisir des représentants qui défendent la souvraineté du pays et son indépendance. Ce type de candidats est donc à rechercher dans les rangs du 14 mars et des candidats indépendants.

21:11 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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