23/04/2009

Le Liban et ses dirigents actuels, quel avenir?

En 2005, fort du soutien de la communauté internationale, le soulèvement du peuple libanais a eu raison de 30 ans d'occupation syrienne du pays des Cèdres.
Deux mouvements ont ensuite occupé le terrain laissé vacant par le retrait de l'armée syrienne. Les 14 mars et  8 mars. Le premier se base sur la conception d'un Etat moderne, indépendant et ayant seul le monopole de la sécurité intérieure et extérieure. Le second, est complètement inféodé à l'axe syro-iranien qui trouve sa raison d'être dans son opposition à Israël et aux USA.  Comme toujours depuis sa création, le Liban est l'otage des infuences régionales et internationales. Certes, en petit pays, le liban ne  peut pas demeurer à l'abri  des changements régionaux et internationaux. Cependant, il possède toutes les capacités de se préserver et de se mouvoir dans son environnement   en pays neutre.

Seulement voilà, les divisions internes ont toujours eu raison de la cohésion. Les intérrêts communautaires ont toujours primé sur le reste. Avec le mouvement du 14 mars, un imense espoir est né. La majorité des libanais a cru et croit encore aux principes de ce mouvement.  L'espoir des libanais a subit son premier choc avec le revirement du général Aoun et son alliance avec le 8 mars. Ce phénomène n'étonne cependant pas puisque le retour de ce général de son éxil doré en France est le fruit d'un accord avec le régime syrien. En somme, ce général est réduit à jouer un rôle dans une pièce de téâthre dont il ne maîtrise nullement le sénario. Par après, la polarisation de la vie libanaise entre ces deux tendances a paralysé le pays depuis son sommet ( la Présidence) jusqu'à la plus petite activité quotidienne tellement les politiques ont manipulé la scène. Le 14 mars a décu et largement décu. On peut certes attribuer leur échec à la particularité du Liban où règne encore des milices dont la puissance est aux antipodes de la faiblesse de l'Etat. Cependant, réduire cet échec à ce seul phénomène revient à duper les libanais et le monde. La faiblesse des 14 mars est avant tout le résultat de leur différence et des calculs politiques de chacune des composantes. Ainsi, bien que la défence d'un Etat indépendant détenant seul la force légitime soit le slogant autour duquel un consensus  s'est construit, les dirigents des  14 mars ont brillé plus par les jeux politiciens que par la volonté de construire l'Etat nation. L'opposition a ainsi engrengé des acquis comme l'entrée au gouvernement, le tiers de blocage et le blocage des discussions sur l'instauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire sans partage.

A l'approche des élections législatives fixées au 07.06.09, les divisions et amabilités de tout genre éclatent au grand jour. Chacune des factions du 14 mars cherche avant tout à marquer des points au sein de sa propre communauté et chez les autres. Ainsi, les manoeuvres d'élimination de certaines personnalités ont déjà provoqué d'énormes dégâts. Au delà de la recherche du leaderschip , chacune des composantes cherche à assurer son avenir politique pour après les élections. L'intérêt général passe donc en second lieu.  Le rêve des 14 mars s'éloigne et le retour  à la situation qui prévalait avant retrait syrien n'est pas à exclure.
Ce qui se produit actuellement sur la scène libanaise n'est pas le fruit du hasard. L'effritement du mouvement du 14 mars n'est pas étonnant. En effet, une analyse fine de sa constitution nous montre que depuis le départ, il souffre d'un manque de cohésion et d'un manque de croyance et d'adhésion à son but fondateur. Il est en effet important de noter que dans la foulée de ce mouvement, beaucoup ont rejoint ses rangs non dans le but d'atteindre  le rêve de ceux qui l'ont lancé mais plus par des considérations d'ordre personnel. Ainsi, nous avons assisté à la pullution des groupes et à l'apparition et l'appropriation par certaines personnes de ce mouvement. Après avoir réussi à s'imposer au devant de la séne ( chose qu'un libanais affecte particulièrement), certains ont sans hésitation et sans vergogne utilisé ce mouvement comme échelle soit pour leur ascension politique au pays soit pour la même finalité là où ils se trouvent y compris en Belgique. Leur souci premier a toujours été et est encore l'élimination de toute personne en mesure de leur faire de l'ombre. Les conflits générés par des intérêts divers et diamétralement opposés met tout simplement ce mouvement en péril. Au dela de ce mouvement, c'est l'avenir du pays tout entier qui se joue. Le peuple libanais a déjà payé le prix fort en lieu et place des autres surtout par les erreurs de ses dirigeants. La classe politique ne semble pas avoir pris conscience des dangers ni des malheurs vécus par les libanais. Si ceux qui sont aux comandes du mouvement du 14 mars ne se réssaisisent pas et si ils ne cherchent pas d'abord et avant tout l'intérêt supérieur du pays, ils auront manqué le rendez-vous avec l'histoire et auront surtout favorisé le morcellement du Liban à jamais. Aujourd'hui avant demain ils sont appelé à clarifier leurs positions et unifier leurs forces au service de l'Etat. Un Etat pour tous les libanais. L'édification d'un Etat véritable nécessite des sacrifices. Si les dirigeants de ce mouvement sont capables de sacrifier des intérêts communautaires et/ou personnels au nom du Liban, ils seront alors dignes de présider aux destinées de ce pays et de représenter son peuple. Assez donc de divisions, assez d'hypocrisie et surtout il est temps d'abandonner cette manière de tout jauger à l'aune du particularisme communautaire. A l'instar des pères de l'indépendence, le Liban a besoin aujourd'hui d'une poignée de responsables ayant le courage d'effacer leurs divisions pour l'édification d'un Etat nation digne de ce nom.

20:55 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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