10/01/2009

Gaza: le rôle de la Communauté internationale

Parallèlement au drame qui se joue à Gaza, fleurissent des manifestations et contre-manifestations, propagandes et contre-propagandes. Face à cette situation dramatique, le monde ne pouvait pas rester silencieux. Les actions et les initiatives sont les bienvenues.  

Cependant, force est de constater que la situation engendre une course effreinée à la surenchère et à la récupération. Ainsi, les partis politiques, les organisations gouvernementales et non gouvernementales ne ratent aucune occasion pour se jeter sur la balle et ainsi s'approprier la cause. Ce faisant, non seulement nos démocraties se perdent dans des sens contradictoires et dévient de leur but initial, l'arrêt des affrontements. Pire encore, par leur participation à des initiatives dont l'origine est souvent inconnue, nos démocraties cautionnent des actions initiées et organisées par des mouvements extrémistes.

La situation actuelle de Gaza n'est pas le fruit du hasard. Il ne fallait pas être un analyste politique ou stratège militaire pour s'attendre à son éclosion. En effet, des mois avant la fin de la trêve entre Israël et le Hamas, ce dernier avait déjà publiquement affiché sa détermination à reprendre les hostilités et les bombardements des localités juives. Le monde s'émeut aujourd'hui et demande à Israël de stopper ses actions. Je soutiens sans réserve cette démarche. Cependant, la question qui se pose est de savoir pourquoi ce type d'action n'a pas eu lieu pour empêcher le Hamas d'ouvrir les hostilités. Pourquoi la diplomatie est restée absente, laissant le Hamas s'aventurer dans son aveuglement alors que la population palestinienne ne souhaitait que vivre en paix?

L'Europe s'est-elle demandé où sont passés les millions d'euros accordés au peuple palestinien? Cette Europe peut-elle affirmer que ce n'est pas le Hamas qui en a profité tout en maintenant sa propre population dans la pauvreté?

Je rappelle que la guerre de l'été 2006 au Liban avait soulevé le même émoi. Celui-ci a abouti à la résolution 1701. Aujourd'hui, force est de constater que la situation est beaucoup plus dangereuse au Sud Liban qu'avant le déroulement de la guerre. La force internationale présente sur le terrain est incapable de remplir sa mission au point où les quartiers de cette force constituent les endroits les plus sensibles. Cette force n'a eu pour effet que de retarder un prochain affrontement beaucoup plus sanglant.

Il ne faut donc pas reproduire les même erreur à Gaza. Toute solution doit revêtir un caractère radical et définitif. Il faut en même temps qu'un cessez le feu, tout mettre en oeuvre pour désarmer les organisation palestiniennes extrémistes. Il faut soutenir le rétablissement de l'autorité palestinienne qui seule doit avoir le droit à l'usage légitime de la force.

C'est ce que la communauté internationale devait faire au Liban. C'est ce que la communauté internationale doit aujourd'hui, plus que hier, faire aussi bien au Liban qu'à Gaza. Cela est d'autant plus vrai que le Hamas a rejetté la résolution de l'ONU avant Israël. Toute autre solution relève de l'hypocrisie car n'aura pour effet que de calmer la situation avant une prochaine flambée de violences.

20:59 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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