11/08/2008

Liban : un pays, un peuple en manque de dirigeants‏

Le Liban actuel vit sans doute les moments les plus décisives de son histoire. En effet, pris en tenaille entre une majorité hétéroclite et frileuse et une opposition commandée par les intérêts syro- iraniens , les libanais ne cessent de subir les situations.
Suite à l'assassinat du Premier Ministre Monsieur HARIRI en 2005, un soulèvement populaire est né pour amorcer le retour à un Liban qui constituait jadis une terre de coéxitence et de paix. La naissance ou renaissance d'une identité nationale était possible puisque le Liban s'était débarrassé de l'occupation syrienne sous la pression de la communauté internationale. Le Liban avait donc une chance inespérée pour se reconstituer en tant qu'Etat à part entière indépendament des influences régionales et mondiales. Hélas, le repli communautaire a pris le pas. Ainsi, au sein des forces de 14 Mars,  le repli identitaire et les calculs politiques ont paralysé une machine extraordinaire qui avait vocation à édifier une nation avec une seule identité nationale. Frileuse et tiraillée par les intérêts divergents, cette majorité porte une lourde responsabilité dans la situation d'échec. En effet, après avoir tenu les discours les plus virulents à l'encontre de l'opposition et de ses commanditaires regionaux, elle ne cesse de céder du terrain et d'offrir à l'opposition toutes les raisons de persister dans la destruction de ce qui reste de l'Etat. Dès lors,  cette majorité, par ce comportement,  porte une lourde responsabilité  depuis les événnements de mai 2008. Elle doit en effet répondre de ses actes puisque c'est son discours et son comportement qui sont la cause des morts tombés et qui tombent encore. Pourquoi a t-elle agit de la sorte pour en finir par céder aux nenaces d'une opposition armée? Ne fallait - il pas céder du terrain beaucoup plus tôt afin d'éviter ce bain de sang? Plus encore, pourquoi a - t - elle cédée face à la menace des armes alors que le combat qu'elle menait était juste?
S'agissant de l'opposition, elle se résume au Hezbollah. Toutes les autres composantes y compris le général Aoun, ne sont que des marionnettes. C'est donc bien le Hezb bras executeur de la politique syrienne et iranienne au Liban qui commande l'opposition. Ce faisant, le hezb poursuit un tout autre objectif. C'est celui de fonder son propre Etat. Il est important de souligner que toutes les milices ont un jour caressé ce rêve au Liban mais aucune n'a pu le réaliser. La nature géographique et la structuration du pays en composantes communautaires constituent le premier obstacle à ce rêve. Par ailleurs, personne n'ignore au Liban le sort des anciennes milices mêmes les plus puissantes parmi elles. Partant de ce constat, le Hezb est invité à se fondre à nouveau au sein de la société libanaise et participer à la reconstruction de l'Etat seule garantie pour la cohabitation harmonieuse et seul protecteur de l'ensemble des communautés vivant sur le sol libanais.

L'analyse de la situation nous offre un tableau pessimiste de l'avenir du pays. La désolation est le maître mot.  Les joutes oratoires auxquelles se livrent actuellement majorité et opposition sont une violence infligée à un peuple qui n'aspire qu'à la paix. Tout se passe dans la perspective des élections légilatives de 2009.  Toutes les parties basent leurs actions et discours sur cette échéance. Nous assistons dès lors à une bataille des chefs guidée par le désir de s'imposer  au sein de sa propre commaunauté et d'imposer  aux  aurtres communautés sa présence sur la sène politique. Tous sont touchés par le syndrome du chef sans pour autant disposer du moindre projet national.

Or, le Liban d'aujourd'huit a grand besoin de leaders porteurs de projets et d'une vision claire.  Ainsi, l'adage selon lequel on a que les dirigents que l'on mérite s'applique parfaitement au Liban. C'est surtout vrai au sein de la communauté maronite avec le cas du général Aoun.  En l'absence d'une autre personnalité rassurante en 2005, le général Aoun a attiré le vote des chrétiens et des maronites en particulier avec le soutien de l'Eglise. Cette dernière a failli à son devoir et doit revoir sa manière d'agir si elle veut que les maronites gardent un peu d'influence au Liban. En effet, c'est en 89 qu'elle devait déjà agir de manière décisive contre un général Aoun qui pour arriver à la Présidence avait décidé de soumettre sa propre communauté par la force au prix de milliers de morts et de la décadence des maronites. Restée frileuse, l'Eglise a laissé faire en agissant de manière molle se limitant aux discours. Le retour du général de son exil doré a certes trompé le mortel du commun. Cependant, l'Eglise devait se montrer plus responsable et ne pas offrir au général la main mise sur le pays chrétiens et réaliser le projet syrien.
Depuis 2005, les libanais se battent et ramènent le pays vers des horizons sombres. Pourtant, la communauté internationale leur a offert une aoccasion en or pour s'entendre et reconstruire un Etat digne de ce nom. Cependant, force est de constater que le Liban actuel souffre d'un manque criant de dirigeants aptent à diriger le pays vers le chemin de la paix interieure et de la prospérité. La classe politique actuelle dans son entièreté, manque cruellement d'un projet national. Son rôle se limite à executer les consignes des alliés extérieurs. Ainsi, au lieu de chercher l'instauration d'un pays et d'une identité nationale, on cultive l'art des différences pour satisfaire les protecteurs. Loin de se soucier des intérêts de la nation, chaque dirigeant s'emploie avant tout à garder sa position. Le communautarisme prime sur l'Etat nation, les identités cohabitent géographiquement mais prennent soin de s'éviter et les divisions laissent la voix libre à toutes les ingérences étrangères. Le peuple libanais est invité à prendre concience que sa classe dirigente actuelle n'est pas en mesure de faire revivre le Liban d'avant guerre et ne le sera pas. Dans les mois qui viennent cette question de capacité de diriger doit accompagner les électeurs dans leur choix.  C'est au peuple que revient le devoir de bien choisir ses dirigeants s'il veut sortir de cette situation une fois pour toute. Le peuple doit sanctionner les élus qui l'ont trompé et qui une fois en place en tout mis en oeuvre pour que l'influence des anciens occupants soit encore plus puissante par leur entremise. Le cas le plus criant est celui du général Aoun. Non satisfait d'avoir à deux reprises perdu la bataille pour la présidence malgré les promesses syriennes, il a décidé de détriure le pays tellement aveuglé par le sentiment de vengeance. le Liban a besoin de dirigeants visionaires et capables de surmonter les difficultés au nom de l'intérêt supérieur de la nation et non d'un général malade qu'un simple coup de vent est en mesure de térasser.
C'est au pays chrétien que l'avenir du pays se jouera. Ceux-ci ont l'obligation de choisir entre des représentants qui oeuvrent à l'instauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire et assurer la protection des communauttés ou se tromper encore une fois et élire des représentants servants les intérêts étrangers. Dans le premier cas, les chrétiens auront mérité le droit de vivre dans ce pays et participer de manière importante aux destinées politiques. Dans le deuxième cas, les chrétiens n'auront pas le droit de se plaindre et devront assumer les conséquences de leur choix. C'est précisement là que la position de l'Eglise prend toute son importance. Celle-ci doit inciter à un choix bien déterminé. Elle est appelé à trancher de manière décisive dans l'intérêt de la communauté maronite et le pays tout entier. L'Eglise doit sortir de sa torpeur et imposer comme au temps des anciens la marche à suivre. Elle n'a plus droit à l'erreur autrement elle deviendra complice et se réduira à une simple icône dans un pays qui a fait briller le chistianisme et a favorisé la tolérence et une coexistence réligieuse exemplaire.

Déçu par la gestion cahotique de la révolution des cèdres, je reste un fervent partisant d'un Liban indépendant terre d'acceuil de toutes ses communautés. Cependant, les dirigeants du 14 mars ont trop pêché par le soutien de l'extérieur et ont manqué l'occasion de mettre en place un Liban moderne. Leur erreur aura été de ne pas profité de l'élan populaire en 2006 et marcher sur le palais présidentiel pour faire tomber le dernier symbole de l'influence syrienne au Liban. Si la majorité avait eu le courrage de cette initiative, on aurait pu évité la guerre de 2006 et le pays serait actuellement en meilleure position sur l'échiquier politique régional et mondial. Cette erreur tactique place le Liban dans une position de maillon faible et sujet à tous les marchandages. Le fait de se débarrasser d'une occupation militaire est une chose. Le fait de gérer l'après occupation en est une autre. Les dirigeants du 14 mars ont manqué de courage politique et de maturité. L'espoir reste permis de les voir réparer cette erreur et de s'employer à édifier un pays dont on sera fier.

22:30 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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