21/01/2008

Quel avenir pour le Liban?

De report en report, le Liban vit sans Président  de la République (poste dévolu à un chrétien maronite) depuis le 23.11.07.  le Président de la Chambre (chiite ) décide seul (en toute contradiction des règles des démocraties)l de reporter les séances alors qu'il fait partie de l'opposition libanaise téléguidée par la Syrie. C'est dire que la pruissance de la Syrie est demeurée intacte malgré son retrait militaire forcé en 2005. Ce faisant, la Syrie applique ses promesses de mettre le chaos au pays des Cèdres pour ne pas perdre son influence. Ses alliés libanais sous la banière du 8 mars traduisent sur le terrain sa volonté. Du côté chiite, dont la décision est monopolisée par l'hégémonique Hezbollah, on vise par ce blocage le démentèlement de la présidence de la République et le contrôle du pays. C'est le projet de la république islamique fondatrice de ce Parti et le prolongement de la puissance chiite iranienne dans la région en opposition à l'Arabie saoudite et la communauté sunnite.

La composante chrétienne de cette opposition représentée par le général Aoun constitue une caution au projet syro-iranien et se trouve paralysée. Cependant, ce sont les actions menées par cette composante chrétienne de l'opposition qui se révèlent être des plus néfastes pour le Liban en général et les maronites en particulier. En effet, par sa persistance au blocage, le général Auon se fait l'artisan principal de l'anéantissement du rôle du Président et de la décomposition des maronites, communauté fondatrice du Liban moderne et ciment de la coexistence.

Après avoir mené le Liban aux accords de Taêf et le glissement d'un paquet important des prérogatives du Président de la République vers le Premier Ministre, le général Aoun donne par son comportement mégalo le cou de grâce à une présidence tant convoitée par les autres communautés. Sa politique est un suicide pour les maronites et peut-être la fin d'un paradis où chrétiens et musulmans ont appris à vivre en toute quiétude et dans le respect mutuel.

Plus personne n'est encore capable de dire vers où va le pays et encore moins les responsables politiques. En réalité, les libanais subissent la volonté des autres et ceci est surtout vrai pour une pseudo opposition qui attend les ordres de la Syrie. Comment peut-on encore espérer un pays où règnera la paix et la prospérité? Peut-on encore espérer la naissance d'un projet national  commun ?  Peut-on encore se prévaloir de  la prééminence de l'identité nationale sur les identités communautaires et le repli ? Par ailleurs, pourquoi le Liban doit rester le terrain de luttes des autres et pourquoi les responsables et en premier lieu ceux de l'opposition ne placent pas l'intérêt du Liban avant tout autre intérêt?

L'espoir est encore permis. Cependant, si ce jeu de report persiste, il y lieu de craindre l'éveil des instincts de survie au sein de chacune des communautés et la mise sous tutelle du pays une nouvelle fois.

22:10 Écrit par Youssef RIZK dans Liban | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.